Archives pour mai 2007
“Je pense qu’une nouvelle forme de vie est entrain d’apparaître. Une vie à l’échelle de la planète, en symbiose avec l’espèce humaine”.
L’an 2000 a longtemps été considéré comme un horizon mystique. Mais il est désormais banal et 2100 ne représente que peu d’intérêt pour la gestion des affaires courantes. Je crois que notre type de civilisation - celui des sociétés industrialisées - aboutit à un échec. L’égoïsme des hommes et des nations, la poursuite aveugle de la croissance et la compétition au détriment du plus grand nombre, nous transforment en parasite de la Terre. Les pays riches sont devenus les parasites des pays pauvres, les habitants des beaux quartiers de ceux des banlieues. Le parasite conduit à la destruction de l’organisme aux dépens duquel il vit et donc à sa propre fin. En revanche la symbiose est une des grandes lois de la nature. C’est grâce à elle que des espèces vivantes se développent dans les conditions les plus difficile, du lichen au corail et de l’orchidée aux herbivores. Elle permet à des êtres vivants ou à des organisations de créer des associations au bénéfice mutuel du partenaire.
L’homme de demain ne sera ni surhomme, ni biorobot, ni super ordinateur, ni mégamachine, l’homme du futur sera simplement l’homme “symbiotique”, en partenariat étroit -s’il parvient à le construire- avec le système qu’il a extériorisé à partir de son cerveau, de ses sens, de ses muscles.
La superficialité, la composante immatérielle d’image ne suffisent plus à faire vendre :
C’est la grande leçon de ces dernières années.
“ Sans disparaître, la demande “immatérielle” des consommateurs a fait volte face. Elle se porte sur un besoin de réassurance globale qui s’incarne par exemple, dans la sensibilisation aux thèmes de l’écologie et de la santé. Ce qui est durable est préféré à ce qui est éphémère, ce qui est simple à ce qui est sophistiqué, ce qui est naturel à ce qui est artificiel.
“ Sois ce que tu veux paraître “, le discours des marques ne change pas radicalement ;, mais désormais il se prouve.
Ainsi la signature de l’entreprise doit exprimer “ son devoir être et son engagement auprès de public “
Les actes sont les meilleurs moyens de communiquer. Les publicitaires se rappellent qu’autrefois huit briefs sur dix portaient sur un nouveau produit. Aujourd’hui la proportion semble inversée.
À l’époque de Léonard de Vinci, on pouvait encore réussir à posséder une connaissance multidisciplinaire. L’homme n’avait pas encore connu ce puissant mouvement vers l’analyse et la spécialisation qui s’est produit dans les siècles suivants et qui rend aujourd’hui plus difficile l’unification des savoirs. Ces derniers se sont éloignés les uns des autres, et, si l’homme a pu ainsi acquérir des expériences et des informations précieuses pour sa vie pratique, il a égaré en partie la signification la plus profonde et les motivations les plus solides de la conscience morale.
De sorte que le besoin d’une nouvelle multidisciplinarité et la nécessité de prendre en considération l’unité du savoir s’impose avec force : en d’autres termes, se dégage le besoin d’un nouvel humanisme.
Rubrique Encyclopédie (Bernard Werber)
RECETTE D’UNE ÂME : Au départ l’âme d’un être humain est déterminée par trois facteurs : l’hérédité, le karma, le libre-arbitre. Leurs proportions de départ sont réparties généralement ainsi :
- 25 % d’hérédité
- 25 % de karma
- 50 % de libre-arbitre
L’hérédité : cela signifie qu’une âme, en début de parcours, est influencée pour un quart par la qualité des gènes, la qualité de l’éducation, le lieu de vie, la qualité du milieu de vie déterminé par ses parents.
Le karma : cela signifie qu’une âme, en début de parcours, est influencée pour un quart par des éléments qui subsistent de sa vie précédente, désirs inassouvis, erreurs, blessures, etc… Qui hantent toujours son inconscient.
Le libre-arbitre: cela signifie qu’une âme, en début de parcours, décide pour moitié librement ce qu’elle faits sans influence extérieure.
25%, 25%,50%, telles sont les proportions de départ. Avec ses 50 % de libre-arbitre, un être peut ensuite modifier cette recette.
Soit il peut s’affranchir de l’influence de son hérédité en se soustrayant très jeune à l’emprise de ses parents. Soit il peut s’affranchir de son karma en refusant de tenir compte de ses pulsions inconscientes. Ou, au contraire, il peut renoncer à son libre-arbitre en acceptant de n’être que le jouet de ses parents et de son inconscient. Ainsi la boucle est bouclée. Paradoxe suprême, l’homme peut même avec son libre-arbitre renoncer à…son libre-arbitre.
LE BONHEUR Nouvel Observateur avril 1999
Par Jean Daniel
Le bonheur, c’est la durée. La joie, c’est l’instant. Il n’y a pas de bonheur sans plénitude, sans continuité. À la limite, il incarne le Temps. Pour la joie, il n’est que de voir les expressions : “ J’ai la joie d’apprendre que…”, “Quelle joie ! ” C’est l’instant, le fugace, l’éphémère. Aimer ce qui va disparaître. Quelle angoisse ! mais quelle intensité ! Le jouisseur, l’homme pressé, mais aussi le tuberculeux, le sidéen, le cancéreux vivent dans l’instant.
L’instant et le temps.
Le bonheur, lui, est un vorace serein. Il a besoin de la durée pour se déployer. Il lui faut être au large, dans une eau vive mais régulière. La joie c’est la source ; lui, c’est le fleuve. Le bonheur ne jaillit pas, il s’écoule. Il ne s’élance pas, il s’étale.
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