Pour lui le bonheur réside dans l’action vertueuse. Dans la mesure où tout homme cherche le bonheur, celui qui sait reconnaître la vertu agira nécessairement en conséquence. De ce point de vue, « nul n’est méchant volontairement ». C’est par ignorance que les hommes commettent le mal et l’injustice. Pour autant, Socrate ne prétend pas dispenser une connaissance dont il serait le dépositaire privilégié : « La seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien ». Quels que soient son interlocuteur et le problème abordés, sa méthode ne consiste pas, comme le font les sophistes à disserter sur une thèse pour persuader l’auditoire. La force de sa méthode réside dans l’art d’interroger et d’avancer ainsi vers le concept recherché. De questions en réponses, il révèle les contradictions chez son interlocuteur, à qui il fait réaliser que ce qu’il prend pour une connaissance n’est en fait qu’une opinion.
Accoucheur d’âmes.
Aider les hommes à mettre à jour la connaissance du vrai et les idées qu’ils portent enfouies en eux. C’est tout l’art de la maïeutique ou art d’accoucher : Socrate n’enseigne rien, mais, par sa dialectique, procède à la délivrance des esprits et les assistent dans leurs efforts, comme une sage-femme assiste la femme enceinte.
Le Socrate que met en scène Platon, constate que nous parlons de ce qui ne se voit pas.
La même action peut être juste ou injuste : prendre de l’argent à quelqu’un, ce peut être le voler, mais ce peut être aussi lui reprendre ce qu’il a volé. La justice n’est donc jamais dans l’action elle-même, mais uniquement dans ce que nous en disons.
Faire renaître le désir.
Prouver sa différence est une condition nécessaire.
Ces dernières années, la pub a eu trop tendance à prendre la “rationalité” du consommateur un peu trop au pied de la lettre, il y a eu un basculement vers des campagnes fondées sur l’argumentation rationnelle plutôt que sur l’adhésion par la sensibilité.
À trop vouloir prouver, on oublie le désir, qui reste un ressort fondamental de l’achat.
Peut-être les exagérations récentes sont-elles dues à un simple contresens : contrairement à ce qu’on dit, la crise ne rend pas les gens plus rationnels, mais plus raisonnables. Pour compenser l’austérité, ils ont, plus que jamais, besoin de se faire plaisir. Le discours sur le “nouveau consommateur” a fait apercevoir un nouveau modèle marketing qui n’est plus seulement fondé sur une approche individualiste de la consommation en ayant recours à l’étude des valeurs et à la classification en sociostyles.
On observe un déclin de la logique individualiste, assorti d’un développement des microgroupes ou “ tribus”. Chaque individu voyage d’une “tribu” à une autre, endossant des rôles qui ne sont pas figés. Aujourd’hui une des vraies questions marketing, c’est : pourquoi les consommateurs se regroupent-ils ? Les marques devraient s’intéresser aux micros tendances qui sont autant d’occasions de regroupement. D’où l’hypothèse : la mutation de l’offre classique de produits en offre lego, où offre modulable qui permettrait au consommateur de se bricoler ses propres objets à partir d’un socle commun.
((le point août 2005)
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